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Croire en la résurrection, est-ce une folie ?

La résurrection est folie et scandale, dit saint Paul. Pourtant, elle est aussi raisonnable, explique Henri-Jérôme Gagey, théologien à l’institut catholique de Paris. « Saint Paul écrit en effet que la mort et la résurrection du Christ sont une folie et un scandale, mais en même temps, y  croire est la plus haute des raisons. On peut dire que la foi en la Résurrection est une folie tant qu’on ne s’est pas suffisamment laissé travailler par elle. Que serait d’ailleurs une résurrection raison-nable ? Une résurrection qu’on pourrait établir, prouver, interpréter, à l’aide des méthodes scientifiques dont on dispose aujourd’hui. »

P1130600Demandons à ce théologien si une foi fondée sur la Résurrection, cela ne ressemble pas à un conte de fées ou à un mythe… « La Résurrection n’est pas un événement que l’on peut examiner, étudier et critiquer à l’aide des instruments qu’on utilise habituellement en histoire, parce qu’elle nous est présentée par le Nouveau Testament comme un événement-limite. La Résurrection, c’est le fait que Jésus est élevé dans la gloire et qu’il nous donne l’Esprit. La liturgie, les Évangiles et les Actes des apôtres nous ont habitués à séquencer Résurrection, Ascension et Pentecôte, qui sont les trois facettes du même événement. Ce calendrier est trompeur, car il amène à dissocier ces trois facettes. Chez Jean, le Christ ressuscité remet l’Esprit immédia-tement. Il y a un seul événement : Jésus revient à la vie, en étant exalté à la droite du Père, comme celui qui reviendra juger les vivants et les morts, et il revient comme celui qui nous donne de partager la vie dans laquelle il a été reçu auprès du Père, en nous envoyant l’Esprit. Ces trois facettes sont indissociables. Par cet événement, Jésus inaugure la fin des temps, et il échappe donc aux prises des historiens. »

Il y a tout de même des gens qui ont assisté à l’événement et qui l’ont raconté… « Personne n’a assisté à la Résurrection. Certains ont raconté les apparitions de Jésus, ils ont rapporté qu’il leur est arrivé au nom de Jésus quelque chose d’extraordinaire qui a donné à leur vie un sens tout à fait nouveau, et qu’ils ont été transportés, à l’intérieur d’eux-mêmes… »

Mais devons-nous les croire ! « Bien sûr, s’il vous est arrivé la même chose qu’à eux, poursuit Henri-Jérôme Gagey Vous avez découvert l’Évangile du Christ, annoncé par la communauté qui célèbre sa mort et sa résurrection, vous y avez reconnu la parole de vie qui vous permet de tenir dans la nuit, de garder espoir, bref, qui vous permet de dire que vivre est bon, jusque dans la fin, jusque dans la mort. C’est un des fruits de la Résurrection. Si la Résurrection est raisonnable, ce que je crois au fond, c’est dans la mesure où elle permet de répondre à une question fondamentale sur ce qu’on appelle vivre. Suivre le Christ, c’est être confronté à une mise en question de ce qu’on appelle vivre. Ou bien il est ressuscité et il est le maître de la vie, ou bien tout cela est du vent. Le travail que fait en nous l’Évangile nous amène à entrer dans un questionnement de plus en plus serré, de telle sorte qu’un jour on peut dire que si vivre vaut la peine alors qu’on l’a autant mis en question, c’est qu’il est vraiment le maître de la vie. »

Croire en la Résurrection est un combat difficile. Voici la conclusion de ce professeur parisien : « Oui, et nous le savons bien. On nous promet trop souvent une foi tranquille, or il n’y a pas de foi tranquille, il n’y a pas de vie tranquille. Si on aime, si on fait des projets, si on prend des risques, il n’y a pas de vie tranquille. La parole de l’Évangile nous accompagne dans le tumulte de notre vie. Croire, cela se passe dans le tumulte, dans le désordre, dans la tempête quand le bateau coule, dans le désert quand les gens ont faim… Relisez la Bible ! Pour reprendre les mots du prophète, Dieu, finalement, est dans le « fin murmure ». Mais pour l’entendre dans le fin murmure, il faut avoir tenté de le reconnaître dans le tonnerre et dans la tempête. »       

                                                                                                     (Extraits du site de « La Croix »)