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Construire la paix pour le centenaire !

En 4 jours, «faites la paix» aura été décliné sous diverses formes devant des milliers de personnes dont une délégation du diocèse de Tournai

Le centenaire de la fin de la grande guerre méritait bien que l’on s’y arrête. Surtout, si pendant quatre jours, la paix est mise en évidence. Cela vient d’avoir eu  lieu de jeudi à dimanche en Hauts de
France ! Initiés par le diocèse d’Arras avecP1030054 divers partenaires, des milliers de personnes se sont  retrouvées pour « faites la Paix ». Ce projet a permis la rencontre d’acteurs de différentes nationalités, de
tous âges et de confessions diverses et de mettre en commun leurs efforts d’artisans de paix. Ces journées très diversifiées et remarquablement organisées donnaient des points communs. Les représentants de différentes religions (catholiques, anglicans, protestants, musulmans, bouddhistes) ont pris la parole à plusieurs reprises. Divers mouvements de jeunesses français (surtout scouts) ont pu côtoyer  chaque jour des ainés.  La diversité des langues était une réalité de terrain vu la diversité des nationalités : français, belges, anglais, allemands, canadiens, rwandais, philippins, etc.

Le jeudi, la cérémonie d’ouverture a eu lieu au très grand site mémoriel de Notre-Dame-de-Lorette. Fort de la présence d’une chorale de 600 enfants, les évêques et représentants des diverses religions ont proclamé et signé un appel à la paix. «Nous sommes P1030034invités à ne pas oublier que cette paix mondiale et durable pour toutes les générations reste quelque chose de fragile et vulnérable. Cette histoire que nous commémorons ici du sacrifice d’autres que nous, nous le rappelle. Pour les sceptiques, le désir d’une paix mondiale peut paraitre une folie »  proclame Trevor Willmot, évêque anglican de Douvres. « Plus de 500 000 hommes ont été massacrés sur cette ancienne ligne de front. Et devant ces victimes, il nous faut confesser le péché de notre Église. L’Église protestante occupait une place éminente au sein de l’État germano-prussien» confie le pasteur protestant Peter Butz. Les discours du préfet de la région et des ambassadeurs de Belgique et de Tchéquie ont soutenu la construction de la paix.

Le vendredi, l’université catholique de Lille III a ouvert largement ses portes pour le « campus de la Paix ». Grâce à de très nombreux intervenants, ce grand colloque a permis, à plus de 500 personnes, de réfléchir sur les logiques de l’entrée en guerre et sur les conditions actuelles pour construire la paix. Cette journéP1030035e nous a permis de faire le lien entre le pourquoi de la guerre et le comment maintenir la paix. Un temps fort de la journée fut l’intervention d’Andrea  Riccardi, ancien ministre italien et fondateur de la communauté de Sant’Egidio (connue pour son implication dans des « couloirs humanitaires »). Dans un des ateliers, l’historien Eric Vanneufville a situé l’exode de la population civile belge en faisant référence à des documents cominois.

Le samedi, des centaines de jeunes avec des stands ludiques et pédagogiques se sont retrouvés dans le jardin de l’ancien séminaire d’Arras pour construire et chanter la Paix. Les adultes ont partagé avec eux les cultures, l’éducation, la non-violence active, la transition écologique, la justice sociale, l’interreligieux. Dans cette dernière activité, notons une intervention remarquable de l’Iman et jeune théologien  Othmane Iquioussen qui a mis en évidence les valeurs d’un islam modéré dans la société occidentale.,

Le dimanche, une chaine humaine de 15km a pris place le long de
ligne de Front en partant du cimetière allemand de Neuville Saint-Vaast à la nécropole française de Notre-Dame-de-Lorette enP1030073 passant par un cimetière britannique et un mémorial canadien (Vimy). Dès 10h, l’esplanade de Vimy  était devenue le siège pacifique de chants, de danses, de témoignages, de lâcher de pigeons…  Sous le coup de midi, plus de 4000 personnes se sont donné la main pour être maillon de la
paix.

Dès le premier jour, « un appel pour une paix juste » a été signé par les représentants de diverses religions et de la société civile. Pendant les quatre jours, ce texte a été largement publié. « Ensemble, nous répondons résolument ne plus pouvoir justifier une guerre pour n’avoir pas su mettre toutes nos forces à construire la paix. Nous orientons toutes nos énergies vers la construction d’une paix juste. C’est chaque jour, dans nos relations sociales,  qu’une culture de paix doit être diffusée. »

Plusieurs belges étaient présents pendant les quatre jours dans l’Artois : notamment de la région de Coutrai au nom de Pax Christi. A la demande de Monseigneur Guy Harpigny, le doyen de Comines P1030072Joseph Nyembo accompagné de Christine et Édouard Debelder représentaient le diocèse de Tournai. Ce choix était motivé par le fait que Comines-Warneton était géographiquement le plus proche d‘Arras mais surtout parce que Ploegsteert fut un abominable champ de bataille à l’image de l’Artois.  Au terme de ces journées, l’abbé Nyembo nous partage ses impressions : « Face aux  milliers des croix parsemées sur l’immense site de Notre-Dame-de-Lorette, j’ai réalisé l’horreur de cette guerre. Je m’interroge quel message pourra toucher les hommes pour qu’ils s’inscrivent une fois pour toute dans l’option de  promouvoir la culture de la paix en faveur de la vie et non celle de la guerre pour la mort.  Ne pourrions-nous pas commencer par la suppression de tous les programmes de violence sur  nos  TV et aussi en interdisant la fabrication des armes ? »

Les mots gravés sur la tour du site de la mémoire de Notre-Dame-de-Lorette nous interpellent tous : « Peuples, soyez unis ! Hommes, soyez humains ! »

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Édouard Debelder

 

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